VOX, de Christina Dalcher

« Quand parler tue… »
Je n’ai pas pour habitude de publier mes lectures sur le blog. Pourtant, cette fois-ci, je ne peux m’empêcher de le faire. Je viens de dévorer ce livre en quelques heures, plongée dans ma lecture à en oublier le monde extérieur. Parce que le monde qu’il présente, le monde qu’il envisage, est effrayant. Fascinant et effrayant. Un monde où les mots sont comptés. Où la voix de la femme a disparu. Où la voix de l’homme est dirigée. Où la liberté est conditionnée. Il serait difficile de rendre hommage à cette œuvre par un résumé qui ne pourrait que se révéler incomplet, indigne. Tout ce que je peux dire, c’est lisez-le, dévorez-le…et gardez votre « vox ».



Denise, jeune normande âgée d’une vingtaine d’années, arrive de Valognes à Paris. Tutrice de ses deux frères depuis la mort de ses parents, elle s’installe à Paris pour trouver du travail, là où celui de Valognes ne lui suffisait plus. Elle constata que l’on ne trouvait du travail que dans les grands bazars et se fit embaucher comme vendeuse aux rayons des confections avec l’appui d’Octave Mouret, directeur du « Bonheur des Dames » qu’elle rencontra parce qu’elle était arrivée trop tôt à l’enseigne. Mal vue par les actuelles vendeuses, elles ne lui laissaient jamais aucune vente sérieuse. À la suite d’un quiproquo, elle se fit renvoyer et se trouva à la rue. Mais elle retrouva un emploi chez Robineau, lui aussi congédié du Bonheur des Dames. Mouret ayant appris la nouvelle, lui proposa à de multiples reprises des offres de réhabilitations qu’elle refusa maintes fois jusqu’au jour où Robineau dut se séparer d’elle. Elle retourna donc au Bonheur des Dames et gravit les échelons jusqu’à devenir première de son rayon. Mouret, fou amoureux d’elle, lui déclara sa flamme mais Denise refusa malgré son amour réciproque de devenir sa maîtresse. Mouret la supplia, elle refusa, il la menaça, elle refusa, il la re-supplia, elle refusa de nouveau. Il alla même jusqu’à la demander en mariage et le jour où elle apporta sa démission, elle consentit enfin à devenir sa femme.
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